Ce neuvième recueil clôture le Recueil sans fin de l’assise : je remercie tous ceux qui invitent sans ostentation à cette voie où l’on ne cesse de mourir en s’asseyant pour mieux nourrir la vie. Tous ceux qui invitent à ce détachement qui libère autant que possible de la soumission et de l’avidité. Tous ceux qui ne nous apprennent pas tant à connaître le monde qu’à le savourer en faisant corps avec lui. Une triple salutation scande ce recueil : à la danse des atomes, au maître intérieur, aux passages et aux passeurs.
Il sera accompagné par les montages et photographies d’Anne Careil

Le chat se laisse gagner par l’assise
D’abord indifférent il mordille les herbes
S’agite et chasse papillons et mouches
Puis mine de rien vient se coller près de toi
Où il se lèche et se toilette
Comme si tu n’existais pas
Gagné par le calme il s’abandonne à tes pieds
Le rapport soudain s’inverse – il devient
Ton maître impassible en ni ceci ni cela
Corps impassible
Comme un rocher sur la mer
Recouvert de guano
On ne voit plus sa beauté
On oublie d’être fidèle à sa lumière
Qui explose dans la blancheur des chiures
Dans sa vieille peau étincelante de quartz
Au secret de ses yeux aux milliers de paillettes
On est tout nu – on respire la mer
Un seul cœur à tout ce qui existe
Un même battement
Qui fait pulser ton propre cœur
Et rien d’autre
Tout ce qui s’ajouterait à ce rien
Ne pourrait que distraire aliéner museler
Rien que ce cœur où dedans dehors
Se dressent les montagnes
Et serpentent les vallées

