Des projets à foison

Depuis longtemps dorment dans les malles de mon ordinateur des projets d’écriture ancrés dans la méditation, la contemplation. En vieillissant j’ai gagné en simplicité, jeté beaucoup… et gardé tout ce qui convergeait vers la clarté d’une poésie cherchant exprimer l’indicible, (tout à la fois ce qui est au-delà de nous-mêmes, et la résonance de l’univers au plus intime de nous-mêmes).

Un objet du travail vise à apprécier la matière vivante – fût-elle apparemment inanimée, comme un miracle sous nos yeux… mais aussi comme un miroir de nous-même. Le premier livre édité fut ainsi Un recueil de sable, le dernier L’océan d’être arbre. En attente, sur les arbres toujours, Le murmure des muets. Dorment aussi dans les cales de mon navire du minéral (Étoiles et Pierres) et des eaux (Entends-tu battre le sang des rochers, Joies d’eau avec du sel sur la peau, Otage des eaux libres, Les eaux du ciel, Éloge de la Vilaine).

Un autre aspect du travail, plus ancien, explore la quête d’un esprit qui ne cesse de naître à lui-même. En attente, plusieurs recueils ne seront délivrés que par une maturation finale et surtout une ouverture éditoriale : une exploration du désir délivré de lui-même Petits livres du désir (Caravane de louanges, Petit livre des heures désirables, Petit pèlerinage musical, Tercets de joie) ; une approche poétique du langage qui cherche à dire l’indicible Les mots du silence (Entre désastre et souffle lent des astres, L’amers du souffle, Exercice du secret, Voix, Sans adresse). Et, verra-t-elle jamais le jour, une approche plus métaphysique sur la disparition de cela qu’on appelle Dieu… et pourtant sa présence, El (Disparition d’El qui partout apparait, Rivages, Avec El au corps, Petite litanie des noms sacrés).

Enfin deux recueils explorent plus explicitement la sagesse taoïste : Un collier de perles trouve sa matière dans la pratique du Qi gong et du Taiji quan. Une ivresse qui n’a pas de nom évoque un océan sans rivages, à l’ombre des rêves d’un vieux taoïste.

Restent bien sûr une part plus personnelle qui ne verra sans doute jamais le jour, Sept fois sept blues ou Dans l’eau des femmes (Femmes en rêve, Humus des femmes, Requiem), et des ébauches de nouvelles « indiennes », (La première fois, La voie rêvée des Mescaleros, Ode à l’Amérique indienne)… ou bien des nouvelles rêvées (Children of joy, Feu rouge, Noire d’ivoire, Rêve de Saltoluotka, Rêve du nageur). Trop de matière en perspective quand il ne faut surtout pas oublier d’ouvrir le corps, de marcher, de nager, de vivre !

En cours un éloge de la sagesse entrevue dans les photos de mon ami Jacques-Pierre Amée : des masques, des sculptures, des représentations visuelles du silence (Les olibrius).

J’écris dans mon coin, avec ce plaisir d’obéir à une certaine nécessité de l’écriture, de même qu’il y a une certaine nécessité à la pratique du Taiji, du Qi gong… une autre à l’assise (dans l’esprit du Zazen), une autre enfin à la marche (la joie des lieux cachés et des montagnes)… et à la nage (la joie de l’eau).

Le temps peaufine les choses à mon insu et pousse à ouvrir un coeur d’ours… (et la malle au fond de sa tanière qui n’a rien d’une malle aux trésors, mais n’en recèle pas moins une méditation continue sur le monde, c’est-à-dire sur nous-mêmes).

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