L’océan d’être arbre

Cette pérégrination parmi les arbres cherche simplement à écouter leur cœur battre dans le nôtre. Elle tisse une alliance, devine en nous leur empreinte : comme une invitation à s’effacer en eux, à devenir plus vaste.

Leurs formes (étranges et souveraines pour peu qu’on les regarde pour la première fois) portent en elles la même vie que la nôtre, de sève ou de sang… et si l’on écoute bien, ce murmure des muets devient vite une parole lumineuse. 

Je tiens à remercier pour ce recueil deux amis qui l’ont accompagné, chacun à leur manière : Michel Leclercq avait lancé une première ébauche de ce recueil avec le regard acéré de ses photos et son amour invétéré des vieux arbres. Et Jacques-Pierre Amée qui avait écrit un Océan d’être arbre, marqué par le rythme touffu d’une époque, (il y a bientôt cinquante ans), et par les cadences de Kerouac, Burroughs et Ginsberg… les mots de ce titre enseveli ont à nouveau scintillé, me sont revenus en écho de ces méditations du Chan où l’homme assis face à l’arbre finit par devenir arbre, tout comme face à la montagne, il finit par devenir montagne. Ils sont devenus la pierre angulaire de ce projet !

Un immense merci à Marion Le Pennec qui, page à page, offre par ses encres une belle résonance aux poèmes.

Ce livre est en cours de parution aux éditions du Chameau

Il n’y a pas de route à chercher
La voie des arbres n’a pas de direction

Elle montre partout ses chemins
Des idéogrammes bizarres projetés
Par la surface dans la profondeur si claire

Des joyaux d’encre
Tremblant
Dans les eaux noires

Parfois il suffit de s’ouvrir
Pour voir l’art des petits riens

L’assemblage anonyme de quelques feuilles

Un discours sans prétention
Qui ne laisse pas de trace

La magie de l’univers dans la main

Les arbres ont ce pouvoir surnaturel
De vivre naturellement chaque instant

On est si loin de leur éveil impassible
Et sans failles

Tu t’inclines devant ces maîtres
Souverainement libres

Qui de si haut
Jamais ne te regardent de haut

Tu te prosternes
Devant ces étranges compagnons

Ces silhouettes qui t’appellent
À être plus grand que tu n’es

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