Merci à celles et ceux qui ont bien voulu soutenir à ses débuts cette entreprise éditoriale un peu « spéciale », plus encore à celles et ceux qui n’ont cessé de l’accompagner et qui ont eu la patience de pénétrer les arcanes de ce Recueil sans fin… Merci à celles et ceux qui lisent vraiment, le plus souvent au compte-goutte, (la poésie sans doute se lit-elle ainsi), pour créer d’eux-mêmes la profondeur et l’espace que ces livres voudraient partager. C’est grâce à vous qu’ils existent. Et si par hasard tel ou tel poème devient plus intimement vôtre : alors votre amitié pour lui me réjouit.
Merci à celles et ceux qui ont accepté de se laisser toucher au cœur par ces poèmes de l’assise pour les accompagner de leur art : Jacques-Pierre Amée, Marion Le Pennec, Alain Silvert, Pierre Alain Mauron, Laure Gallet, Bénédicte Deleplanque, Anne Garel, Nina Nkar et Anne Careil. Leurs peintures, leurs encres, leurs photographies invitent à mettre notre âme en mouvement, à élever notre esprit-corps par ce fond sans fond qui le rend plus vivant. Leurs enluminures révèlent à leur manière cette part intime et inconnue de nous-même qui fait écho à la joie et à l’éveil que les poèmes voudraient faire éclore.
Merci aux Éditions du Petit Véhicule et à Luc Vidal d’avoir accompagné fidèlement cette entreprise au long cours. Malgré le prix du papier et celui de l’encre ne cessant d’augmenter, malgré la diffusion confidentielle de la poésie aujourd’hui, malgré la fatigue. Un proverbe africain nous rappelle à l’essentiel : « On entend le bruit de l’arbre qu’on abat / Pas celui de la forêt qui pousse ».
Un immense merci à ma compagne Isabelle : elle a patiemment lu et relu chacun de ces 1458 poèmes pour inviter à les corriger ou à les nourrir de ses conseils avisés. Elle a été jusqu’au bout ma sentinelle !
Merci enfin à toutes les coïncidences et aux rencontres anonymes qui ont permis de donner chair à l’assise pour dévoiler sa puissance : elle invite à nous asseoir sur le coussin si vaste de la vie toute entière. On pourrait bien dormir, elle continue à nous porter. Elle est notre seul refuge, notre trésor bien caché qui s’étale partout sous nos yeux. Fût-elle souillée, la vie ne cesse de nous relier à l’univers et de nous faire ses offrandes – l’air, l’eau, les plantes, les animaux, les visages. Telle est la matière de l’assise. Rien à voler, rien à prendre, l’assise répand juste dans notre sang une couleur qui nous réjouit, celle qui fait virer au rouge les feuilles à l’automne. Elle récite en silence un poème sans fin : les recueils se sont contentés pour la célébrer de jouer avec les remous de ses mots.
PS : Il nous faut aussi chaque jour remercier la posture immobile du retrait par rapport à notre vie plus ou moins agitée. Elle est ancrée dans le silence (quoique le silence en tant que tel n’existe pas), dans la vacuité (quoique la vacuité en tant que telle n’existe pas) : à rebours de toutes ces formes de séduction du monde moderne suscitées par l’avidité, l’argent, le pouvoir ou l’affirmation de soi, l’assise lamine à notre insu l’esprit d’emprise (sur soi, sur les autres, sur le monde). N’importe quel coussin suffit, il n’y a pour méditer ni tenue, ni matériel.
